Le protocole de Stanish est une méthode de rééducation des tendinopathies chroniques fondée sur le travail musculaire excentrique. Mis au point dans les années 1980 par le chirurgien orthopédiste canadien William Stanish, ce programme vise à restaurer la résistance du tendon en le soumettant à des contraintes mécaniques progressives. Il s’applique aux tendinopathies du tendon d’Achille, du genou ou du coude et se déroule sur six à huit semaines de pratique quotidienne.
Progression du protocole de Stanish
Douleur attendue sur les 5 dernières répétitions de chaque série. Minimum 72 h entre deux séances intenses.

Qu’est-ce que le protocole de Stanish ?
Le protocole de Stanish repose sur un principe simple : rééduquer le tendon dans le sens du mécanisme lésionnel. Là où le repos prolongé laisse le tissu tendineux fragile et atone, les exercices excentriques provoquent une stimulation contrôlée qui relance la cicatrisation et renforce la structure collagénique.
Le travail excentrique consiste à freiner un mouvement sous charge. Le muscle s’allonge tout en résistant à la gravité, ce qui impose au tendon un stress supérieur à celui d’une contraction classique. Ce type de sollicitation augmente la capacité résistive du tendon, c’est-à-dire sa faculté à supporter les contraintes répétées du quotidien ou du sport.
Le protocole ne se limite pas aux exercices. Il intègre aussi la correction du geste responsable de la lésion, des étirements réguliers et une phase d’antalgie (glaçage, neurostimulation). L’objectif final reste un retour fonctionnel durable, sans douleur ni appréhension, en complément des conseils classiques pour guérir d’une tendinite.
Comment se déroulent les séances du protocole ?
Chaque séance quotidienne suit un enchaînement précis en quatre temps. Sauter une étape ou modifier l’ordre compromet les résultats.
Étirements et glaçage
La séance commence par cinq étirements passifs de vingt secondes ciblant le groupe musculaire concerné. Pour le tendon d’Achille, le patient étire le triceps sural en appui contre un mur, genou tendu puis légèrement fléchi. Ces étirements préparent le tissu tendineux à l’effort et améliorent sa viscoélasticité.
La séance se termine par une seconde série identique d’étirements passifs, suivie de dix minutes de glaçage sur la zone douloureuse. Le froid réduit l’inflammation locale et calme la douleur post-exercice.
Exercices excentriques
Le coeur de la séance repose sur trois séries de dix à quinze répétitions en travail excentrique. Pour le tendon d’Achille, le patient monte sur la pointe des pieds avec le membre sain, puis redescend sur le pied atteint, en contrôlant la descente. La phase de freinage constitue le véritable travail thérapeutique.
La douleur fait partie du processus. Elle doit apparaître sur les cinq dernières répétitions de chaque série, rester tolérable et localisée à la zone tendineuse. Une douleur vive, irradiante ou persistante après la séance signale une charge excessive qu’il faut corriger.
Le protocole de Stanish exige un minimum de 72 heures entre deux séances intenses pour permettre au tendon de se régénérer.
Quelle progression suivre au fil des semaines ?
La progression respecte un ordre strict : d’abord la charge, puis la vitesse. Augmenter la vitesse avant que le tendon ne tolère la charge expose à une aggravation.
Durant les deux premières semaines, le patient travaille à vitesse lente avec les deux pieds, en se concentrant sur la qualité du geste. Quand les répétitions deviennent faciles et indolores sur les dix premières, la charge augmente. Le travail passe alors sur un seul pied, puis des lests (sac à dos lesté, haltère) sont ajoutés.
À partir de la quatrième semaine, la vitesse d’exécution augmente de façon progressive. Le patient accélère la phase de descente tout en gardant le contrôle du mouvement. Cette étape prépare le tendon aux contraintes réelles de la course, du saut ou du geste professionnel.
Les premiers résultats fonctionnels apparaissent entre la quatrième et la sixième semaine. Le programme complet s’étend sur six à huit semaines de pratique quotidienne, parfois prolongé d’un troisième mois pour la remise en charge sportive. Un manque de régularité ou une mauvaise compréhension des étapes reste la première cause d’échec du traitement.
Pour quelles tendinopathies ce protocole fonctionne-t-il ?
Le protocole de Stanish s’adresse aux tendinopathies chroniques résistantes au repos et aux traitements classiques. Ses indications principales couvrent :
- La tendinopathie d’Achille, en particulier chez les coureurs
- La tendinopathie rotulienne (genou du sauteur)
- L’épicondylite latérale (tennis elbow)
- Les tendinopathies liées à des gestes professionnels répétitifs
Le protocole ne convient pas à toutes les situations. Une suspicion de rupture tendineuse, une douleur aiguë post-traumatique non explorée ou des signes neurologiques (fourmillements, paresthésies) imposent un bilan complémentaire avant toute rééducation. En cas d’atteinte localisée à l’épaule, il est préférable de consulter un guide dédié pour soulager efficacement une tendinite de l’épaule avant d’envisager un protocole excentrique.
L’efficacité du protocole repose sur l’implication active du patient. La régularité des séances, le respect des temps de repos et la correction gestuelle conditionnent la qualité des résultats. Un patient engagé retrouve un tendon fonctionnel, stable et capable de supporter l’effort sans récidive.







