Chez un chirurgien-dentiste conventionné, un détartrage coûte 28,92 € par arcade et 43,38 € quand le praticien traite le haut et le bas lors de la même séance. L’Assurance Maladie en rembourse 60 % et la mutuelle règle le solde dans la plupart des contrats. Ce tarif national cache quelques exceptions (actes complémentaires, soins des gencives, praticiens hors convention) qui alourdissent la note. Voici les montants à connaître avant le rendez-vous et les fausses bonnes idées à écarter.
Le prix d’un détartrage chez le dentiste
Le détartrage figure dans la nomenclature de l’Assurance Maladie sous l’intitulé « détartrage et polissage des dents ». Son tarif conventionnel s’élève à 28,92 € pour une arcade dentaire, c’est-à-dire la mâchoire du haut ou celle du bas. Ce montant ne varie ni selon la ville ni selon la technique employée : ultrasons ou curettes manuelles, la facture reste identique. Le polissage qui suit le retrait du tartre entre dans ce prix.
Une ou deux arcades : d’où vient le montant de 43,38 € ?
La plupart des patients repartent avec les deux mâchoires nettoyées en un seul rendez-vous. Dans ce cas, la règle des actes associés s’applique : le premier acte se facture au plein tarif (28,92 €) et le second à moitié prix (14,46 €). Le détartrage complet revient ainsi à 43,38 €. Une séance dure en général 30 à 45 minutes selon la quantité de tartre accumulée.
Les situations où la note grimpe
Chez les dentistes conventionnés, soit la quasi-totalité de la profession, les soins courants comme le détartrage relèvent de tarifs opposables. Un supplément n’apparaît que dans des cas précis : une exigence particulière du patient (un rendez-vous hors des horaires habituels, par exemple) ou un praticien non conventionné, libre de fixer ses honoraires. Certains organismes évoquent alors des factures de 50 à 70 € pour un détartrage complet. Réclamer un devis avant le soin évite toute surprise.
Remboursement du détartrage par la Sécurité sociale et la mutuelle
Depuis l’automne 2023, l’Assurance Maladie rembourse 60 % du tarif conventionnel des soins dentaires, contre 70 % auparavant. Certaines pages encore en ligne affichent l’ancien taux : les calculs ci-dessous reprennent la règle en vigueur. La complémentaire santé couvre ensuite le ticket modérateur, soit les 40 % restants, dès que le contrat garantit 100 % de la base de remboursement.
| Situation | Montant facturé | Part Sécurité sociale (60 %) | Reste avant mutuelle |
|---|---|---|---|
| Détartrage d’une arcade | 28,92 € | 17,35 € | 11,57 € |
| Détartrage complet (deux arcades) | 43,38 € | 26,03 € | 17,35 € |
| Détartrage complet avec 20 € de dépassement | 63,38 € | 26,03 € | 37,35 € |
Un dépassement ne modifie en rien la part de la Sécurité sociale, toujours calculée sur la base de 43,38 €. Seul un contrat supérieur à 100 % de la base (125 %, 150 % ou un forfait dentaire) absorbe ce surcoût, d’où l’intérêt de comparer les garanties d’une mutuelle renforcée avant de consulter un praticien qui pratique des dépassements. La prise en charge se limite en principe à deux détartrages par an, espacés de six mois.
Les cas sans reste à charge
- La Complémentaire santé solidaire (CSS) : prise en charge intégrale du tarif conventionnel, sans avance de frais.
- Le programme M’T dents : un examen bucco-dentaire offert chaque année de 3 à 24 ans et les soins prescrits dans la foulée remboursés à 100 %.
- La grossesse : un examen de prévention pris en charge à 100 % à partir du 4e mois.
Air-flow, surfaçage, blanchiment : les soins qui coûtent plus cher
Le détartrage retire le tartre visible au-dessus de la gencive. D’autres actes, souvent proposés dans la foulée, sortent du cadre remboursé :
- L’aéropolissage (air-flow) projette un mélange d’eau, d’air et de poudre de bicarbonate pour effacer les taches de café, de thé ou de tabac. Comptez 50 à 100 € la séance, sans remboursement.
- Le surfaçage radiculaire nettoie les racines sous la gencive en cas de parodontite. Facturé par quadrant, il atteint 250 à 600 € la séance selon l’Ircem et reste le plus souvent hors nomenclature.
- Le blanchiment éclaircit la teinte de l’émail. Acte esthétique, il coûte de 300 à 1 200 € selon la méthode et ne se pratique qu’après un détartrage.
Détartreurs à domicile : une fausse économie ?
Les boutiques en ligne vendent des détartreurs électriques à ultrasons et des « dissolvants de tartre » entre 30 et 60 € environ. Le calcul paraît séduisant face aux 43,38 € d’une séance chez le dentiste, remboursée de surcroît. Ces appareils ne remplacent pas le geste professionnel : sans vision de la zone sous la gencive ni formation, l’utilisateur s’expose à rayer l’émail ou à blesser la gencive. Des cabinets dentaires les décrivent comme inefficaces, voire dangereux.
Les dentifrices et bains de bouche « anti-tartre » ralentissent la minéralisation de la plaque mais n’éliminent pas un tartre déjà installé. Ils complètent le brossage sans jamais dispenser de la visite annuelle.
Espacer les séances : fréquence et prévention du tartre
Un détartrage par an convient à la majorité des adultes. Fumeurs, personnes diabétiques, porteurs de prothèses ou patients sujets aux maladies des gencives gagnent à consulter tous les six mois. Le tartre naît de la plaque dentaire minéralisée par le calcium de la salive : une fois durci, aucune brosse ne l’enlève.
Quelques habitudes retardent sa formation et allègent chaque rendez-vous : un brossage de deux minutes matin et soir avec une brosse souple, le fil dentaire ou les brossettes interdentaires chaque jour et moins de café, de thé, de vin rouge ou de tabac, qui colorent les dépôts. Des gencives qui saignent, des dépôts jaunes au collet des dents ou une haleine tenace signalent qu’une visite s’impose.







