Kinésithérapeute mobilisant la hanche d'une patiente allongée sur le côté

Tendinite du moyen fessier : quels tests pour poser le diagnostic ?

Le diagnostic d’une tendinite du moyen fessier se pose d’abord à l’examen clinique. Le médecin ou le kinésithérapeute cherche à reproduire la douleur latérale de hanche par une série de gestes simples : palpation du grand trochanter, appui sur une jambe pendant 30 secondes, mise en tension du tendon. Aucun de ces tests ne tranche seul. Leur combinaison oriente le praticien, puis l’échographie ou l’IRM confirment quand le tableau reste douteux.

Une douleur latérale qui oriente l’examen

La tendinopathie du moyen fessier se loge sur la face externe de la hanche, au niveau du grand trochanter, cette bosse osseuse palpable en haut de la cuisse. La douleur s’installe de façon progressive et descend parfois le long de la cuisse. Elle se réveille à la marche, dans les escaliers, au lever d’une chaise et la nuit, couché sur le côté atteint. Croiser les jambes l’aggrave. Ses causes, sa durée et ses traitements sont présentés dans notre article sur les origines et les soins de cette tendinite.

Le syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT), qui regroupe tendinopathies glutéales et bursite, touche quatre femmes pour un homme, le plus souvent entre 55 et 64 ans. Autre indice : la mobilité passive de la hanche reste normale, sauf coxarthrose associée. Une hanche raide et douloureuse quand le praticien la fait tourner oriente vers l’articulation.

Les tests cliniques pour diagnostiquer une tendinite du moyen fessier

Chaque manœuvre place le tendon sous charge, en compression ou en étirement. Un test devient positif quand il reproduit la douleur habituelle du patient sur la face externe de la hanche.

Test Déroulé Ce qu’il apporte
Palpation du grand trochanter Pression ferme sur le relief osseux, patient couché sur le côté sain Très sensible, peu spécifique
Appui unipodal de 30 secondes Debout sur la jambe atteinte, un doigt au mur pour l’équilibre Une douleur dans les 30 secondes donne une forte présomption
Abduction contre résistance Couché sur le côté, le patient écarte la jambe contre la main de l’examinateur Douleur inconstante
Test ADD et ADD-R Jambe tendue amenée en adduction maximale, puis poussée vers le haut contre résistance Positif si la douleur atteint 2 sur 10 au trochanter
Dérotation externe (Lequesne) Sur le dos, hanche et genou à 90°, hanche tournée vers l’extérieur ; le patient ramène la jambe dans l’axe Plus fiable que l’abduction résistée selon plusieurs cliniciens
FADER et FABER Hanche fléchie, croisée en rotation interne (FADER) ou ouverte en rotation externe (FABER) Douleur latérale : piste tendineuse ; douleur à l’aine ou au bas du dos : autre origine

Le signe de Trendelenburg complète l’appui unipodal. Quand le moyen fessier faiblit, le bassin s’affaisse du côté de la jambe levée. Parfois le patient compense en penchant le tronc au-dessus de la hanche d’appui. Cette boiterie traduit un déficit de force des abducteurs de hanche plutôt qu’une douleur.

Que vaut un test positif ?

La réponse la plus solide vient d’une étude australienne menée par Alison Grimaldi (British Journal of Sports Medicine, 2017), qui a confronté ces tests à l’IRM chez 65 patients souffrant de douleur latérale de hanche. Sa conclusion : les tests ne servent pas au même usage.

La palpation détecte 80 % des tendinopathies visibles à l’IRM mais déclenche aussi une douleur chez plus de la moitié des patients sans lésion. Son intérêt tient donc à l’inverse : une palpation indolore rend le diagnostic peu probable, sans l’exclure. L’appui unipodal de 30 secondes n’a produit aucun faux positif dans l’étude : quand il réveille la douleur, l’hypothèse tendineuse devient très solide. Le test ADD seul affiche une spécificité de 86,7 % pour une sensibilité de 20 % ; l’ajout de la résistance porte ces chiffres à 93,3 % et 38 %.

Un test négatif n’écarte rien à lui seul : c’est l’addition de signes concordants qui construit le diagnostic.

Le praticien raisonne donc par faisceau : douleur typique, palpation positive et au moins un test de charge qui reproduit la gêne.

Échographie, IRM, radiographie : le rôle de l’imagerie

L’imagerie arrive en seconde intention, quand le tableau reste flou, que la douleur résiste aux premiers soins ou qu’une rupture se profile.

La radiographie, pour écarter une autre cause

Un cliché du bassin et de la hanche montre l’os, pas le tendon. Il sert à repérer une coxarthrose ou des calcifications tendineuses.

L’échographie, examen de première ligne du tendon

Accessible, peu coûteuse et sans irradiation, l’échographie montre un tendon épaissi aux fibres désorganisées, une fissure ou une bursite associée. Elle guide aussi les infiltrations : avec un anesthésique local, un soulagement immédiat confirme l’origine de la douleur.

L’IRM, l’examen de référence

L’IRM distingue une tendinopathie d’une rupture partielle ou complète du tendon et révèle une éventuelle infiltration graisseuse du muscle dans les formes anciennes. Le chirurgien la réclame avant toute réparation.

Les diagnostics à ne pas confondre

La douleur latérale de hanche a plusieurs origines, parfois intriquées. Chez les lombalgiques chroniques, un SDGT se retrouve dans environ 20 % des cas.

  • Bursite trochantérienne : irritation de la bourse séreuse placée entre tendon et os. Elle accompagne souvent la tendinopathie et l’échographie les distingue.
  • Tendinopathie glutéale globale : le petit fessier souffre dans bien des cas avec le moyen fessier, d’où ce terme qui englobe les deux tendons.
  • Coxarthrose : douleur plutôt au pli de l’aine, hanche raide en rotation passive, pincement articulaire à la radiographie.
  • Douleur lombaire irradiée : une atteinte de la racine L5 mime la tendinopathie. Fourmillements, douleur au-delà du genou ou faiblesse au testing de L5 orientent vers le dos.
  • Articulation sacro-iliaque : douleur plus postérieure, au bas du dos et dans la fesse, sans point précis sur le trochanter.

Ce que l’on observe soi-même avant le rendez-vous

Ma checklist avant le rendez-vous

Cochez ce que vous avez observé. Une auto-observation aide à décrire les symptômes au praticien, elle ne remplace pas l’examen.

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Cochez ce que vous avez remarqué ces dernières semaines.

Inutile de répéter ces tests chaque jour pour vérifier.

Consulter : une douleur qui dure au-delà de quelques semaines, gêne le sommeil ou modifie la marche justifie un rendez-vous chez le médecin traitant ou un médecin du sport.

Sans attendre : impossibilité de tenir sur une jambe, faiblesse brutale après un faux mouvement, fièvre, douleur après une chute, fourmillements ou perte de force dans la jambe.

Quelques observations aident à décrire les symptômes au praticien. Elles ne remplacent pas l'examen : une auto-observation ne pose aucun diagnostic.

  • Un point précis et sensible sur la bosse externe de la hanche.
  • Un réveil nocturne dès que vous vous couchez sur ce côté.
  • Debout sur une jambe face à un miroir pendant 30 secondes : une douleur qui monte ou un bassin qui s'affaisse du côté opposé.
  • Des gestes déclencheurs : escaliers, lever d'une chaise, jambes croisées.

Noter ces éléments et leur date d'apparition accélère l'interrogatoire. Inutile de répéter ces tests chaque jour pour vérifier.

Quand consulter pour une douleur latérale de hanche ?

Une douleur qui dure au-delà de quelques semaines, gêne le sommeil ou modifie la marche justifie un rendez-vous chez le médecin traitant ou un médecin du sport.

Certains signes demandent une consultation rapide : impossibilité de tenir sur une jambe, faiblesse brutale après un faux mouvement (signe évocateur d'une rupture), fièvre, douleur après une chute, fourmillements ou perte de force dans la jambe.

Une fois le diagnostic posé, la prise en charge repose sur l'adaptation des charges et une rééducation active menée par le kinésithérapeute. Les infiltrations et les ondes de choc restent des options d'appoint quand la douleur persiste.

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